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mardi, septembre 30, 2008

No uterus, no opinion !...

…comme disait Rachel enceinte dans Friends. J’ai souvent cette phrase en tête quand je vois un médecin, ce qui est souvent le cas actuellement.

D’abord, il y a eu la tirade anthropologique de mon ostéopathe, dont la femme a accouché sans péridurale, ‘comme c’était leur choix’. 24 heures de travail, a-t-il déclaré fièrement, et elle a géré la douleur pendant les 22 premières ! Je parie que sa femme a un souvenir assez vif des deux dernières. Mais si c’était son choix (à elle), je me garderai bien de porter un jugement.

Puis, il y a eu mon obstétricien, le mois dernier, m’annonçant fièrement que la France était championne d’Europe de la natalité : 1.98 enfant par femme. Médaille d’or finalement arrachée aux Irlandaises qui la détenaient depuis bien longtemps. Mais le score serait encore mieux, a-t-il ajouté, s’il n’y avait pas autant d’avortements en France…
Il est fort probable que le médecin n’ait pas voulu dire que le meilleur moyen de rester numéro un en Europe était de limiter le droit à l’avortement ; mais avouez que c’est une interprétation que l’on peut faire en entendant cette phrase!
Je n’ai pas cherché à investiguer davantage le fond de sa pensée, mon médecin étant à ce moment occupé à vérifier que le cœur de mon bébé battait bien…

Enfin, aujourd’hui, j’avais rendez-vous avec l’anesthésiste afin de s’assurer que rien ne s’opposait à la péridurale.
Au bout d’une heure et demie d’attente, on m’a fait signe d’entrer : on donne rendez-vous à une dizaine de personnes en même temps, les ‘vrais patients’ passent en premier, puis les parturientes, anesthésiées de confort, une par une, par ordre d’arrivée.
Le médecin a eu la décence de s’excuser pour son retard, et je lui en ai su gré. Il a vérifié ma colonne vertébrale, m’a dit que tout avait l’air bon, m’a demandé si j’avais des questions. Mise en confiance, je lui ai avoué ma crainte, soulevée par la sage-femme qui nous a fait visiter les salles de naissance : est-il vrai que certains anesthésistes de cet hôpital ne mettent du produit qu’une fois, puis repartent, et tant pis si l’accouchement dure plus longtemps que l’effet de l’anesthésie ?
Ce n’est pas faux, m’a-t-il répondu, même si lui ne fait pas partie de ces praticiens-là. Ah bon. Le médecin aurait pu s’en tenir là. Mais non. Il est parti dans des théories fumeuses : il ne faut pas considérer la péridurale comme un droit. D’ailleurs, en France, on en fait beaucoup trop. Les péridurales ne devraient avoir lieu que dans 15-20% des cas, comme aux Pays-Bas. A ce propos, lui se refuse à anesthésier une femme qui arrive à l’hôpital avec 6 cm de dilatation (le maximum étant 10, c’est là que l’accouchement a lieu), car la femme a déjà fait le plus gros du chemin, visiblement sans que cela ne lui pose problème.
Le plus gros du chemin ? Je n’en suis pas si sûre…
L’homme avait encore mon dossier en main, sait-on jamais, il pouvait encore y ajouter une mention négative, je n’ai donc rien répondu…
Mais je n’avais qu’une phrase en tête : ‘no uterus, no opinion’ !!!!

samedi, septembre 20, 2008

Au royaume d’Ubu, les crèches sont reines !

Ma baby girl n’est pas encore née, et il faut déjà sérieusement se pencher sur le mode de garde pour quand je reprendrai le travail.

En France, le congé maternité est de 10 semaines après la naissance de l’enfant ; j’avoue que j’ai du mal à imaginer mon petit bébé d’à peine deux mois entre les mains –agréées, certes, mais tout de même- d’inconnus. Je vais donc prendre un mois de congés supplémentaires (jours acquis que je me suis laborieusement gardés en ne prenant pas de vacances cet été). Ainsi, ma petite fille aura 3 mois quand elle goûtera aux joies de la crèche.
Enfin, je ne sais pas : car dans ma ville de banlieue parisienne, connue pour sa soi-disant formidable et généreuse politique familiale, les enfants ne sont accueillis en crèche qu’en septembre. Soit, si on prend 3 mois de congé mat’ postnatal (2 mois + 1 de vacances), ce service n’est ouvert qu’aux enfants nés en mai. « La prochaine fois, il faudra mieux viser », m’a gentiment dit l’employée de mairie lorsque j’ai déposé mon dossier de crèche, m’expliquant son impuissance.
Bref, si vous demandez un début de garde un des onze autres mois de l’année que septembre, on prendra quand même votre dossier, mais on vous préviendra que vous n’aurez une place que sur désistement, avec un préavis d’un mois. Or, un mois, c’est peu pour trouver une solution alternative ; d’autant que les places sont tellement chères que l’on m’a déjà prévenu que les désistements étaient « extrêmement rares ». Alors, prendra le risque, prendra pas le risque ?
Ben, prendra pas le risque. Tant pis pour les repas bios concoctés dans les crèches, et pour les formidables atouts de sociabilisation que ce mode de garde constitue.

D’autres solutions peuvent être :
• de ne reprendre le travail qu’en septembre prochain, sans salaire d’ici là et au risque de perdre mon poste, et sans aucune garantie de place en crèche pour cette date,
• me débrouiller toute seule pour trouver une famille proche de chez moi avec des besoins similaires, afin de partager une nounou (prendre une nounou juste pour soi est exorbitant). Solution qu’adoptent la majorité des couples avec enfants, faute de mieux, évidemment. J’ai encore quelques semaines (théoriquement) avant la naissance de ma fille, je me mets donc au travail ! Et tant pis pour ceux qui me répètent que je devrais me reposer maintenant, car ce sera beaucoup plus dur après la naissance…

mardi, août 26, 2008

Je veux du fromage !


Cette nuit, j’ai rêvé de coulommiers. Pas le petit village de Seine-et-Marne, mais son produit le plus célèbre : son fromage à pâte molle.
Sauf que je n’y ai pas droit, risque de listériose oblige ! La listeria, c’est ce méchant microbe qui se loge dans les fromages crus à pâte molle… Vous savez, ceux où, regardés au microscope, il y a le plus de petites bêtes pas belles ! Les meilleurs, quoi !

Entre la toxoplasmose, la listériose, la légionellose et j’en passe, je n’ai pas mangé depuis sept mois de saumon fumé, pâté, fromage, salade verte, jambon de Bayonne….. C’est dur, pour une Française qui se respecte !
Je crois quand la petite sera née, avant même de quitter la maternité, j’enverrai Clément faire un tour chez les petits commerçants du quartier !

jeudi, août 21, 2008

Qui dit discussion, dit discorde ?

J’ai eu récemment une discussion cordiale et vive avec mon ostéopathe, qui me disait que la place de l’homme de nos jours dans nos sociétés n’était pas enviable : à trop prôner l’égalité, les femmes avaient fini par prendre le dessus et les hommes se retrouver inférieurs aux femmes.
Cela est, à son sens, d’autant plus problématique, que seuls les hommes savent prendre des décisions et maintenir le cap ; les femmes, à cause de leurs fluctuations hormonales naturelles, n’en sont pas capables. Il y a donc danger à laisser les femmes à la barre de la société, si elles ne savent pas tenir le cap !

Je n’avais aucune envie de me friter avec mon ostéo –dont j’ai par ailleurs grand besoin-, et lui ai donc répondu la phrase habituelle pour ne pas partir sur une pente dangereuse, à savoir, « on peut penser cela », puis j’ai fait mine de sortir mon carnet de chèques pour le régler.
Mais cela ne l’a pas satisfait. Il voulait débattre.
Alors nous avons débattu, tout à fait cordialement, mais également fermement, car vous pensez bien que je ne pouvais accepter une telle assertion décidant de la supériorité infinie de l’inné sur l’acquis, de la nature sur la culture.
C’était d’ailleurs bien mon ostéopathe qui, vingt minutes auparavant, m’avait dit que tout se jouait dans les trois premières années d’un enfant : son caractère, sa vision de la vie, sa potentielle crise d’adolescence…

Pendant que nous débattions sur ce sujet, je me demandais : peut-on avoir une discussion avec quelqu’un et ne pas être d’accord, tout en gardant le respect de l’autre et sans qu’aucune agressivité ne flotte dans l’air ? Peut-on avoir une opinion établie et réfléchie, ne pas être ‘convaincable’ par des arguments contraires, et rester neutre et bienveillant face à l’autre ?
Si la personne que vous avez en face de vous veut absolument vous convaincre, sous peine de se mettre en rogne/à pleurer si vous dites que vous n’êtes toujours pas d’accord –et cela arrive souvent autour des tables familiales !-, cela me semble impossible.
Mais s’il s’agit de deux personnes qui se respectent et qui sont prêtes à échanger leurs différents points de vue, est-ce pour autant possible ?

vendredi, août 08, 2008

Assistance publique, où tout est public !

J’ai eu récemment à décider où j’allais accoucher: hôpital public, gratuit, impersonnel et médicalement au top, ou clinique privée, payante (mais remboursée à quasi 100% par la mutuelle), confortable et médicalement plus limitée.
Comme toute femme enceinte de région parisienne, je me suis inscrite ‘dès le premier jour de retard de règles’ à l’hôpital public dont je dépends – c’est la première recommandation des gynécologues quand vous leur annoncez un test positif. C’est comme ça, après il n’y a plus de place.
J’ai laissé à plus tard de faire le choix : je pouvais toujours annuler ma première inscription si je choisissais finalement une clinique.

Après moult recherches sur internet et lectures de témoignages (rien de plus angoissant que les forums de futures mamans), mon choix s’est porté sur une clinique privée dont les obstétriciens semblent être de très bons médecins. Best of both worlds, donc. Afin de m’inscrire, on m’a demandé de venir entre un mardi et un vendredi. J’y suis allée le jeudi –ayant pris une demi-journée off-, pour me faire répondre qu’il n’y avait plus de place.
Soit. Après à nouveau moult prises de tête sur le thème ‘je vais accoucher sous les ponts !’, j’ai décidé de ne pas chercher davantage et de conserver ma première inscription à l’hôpital public.

J’ai appris –merci internet- que les chambres simples étaient une denrée rare, la nourriture très moyenne, et que les étudiants sages-femmes et médecins s’exerçaient sur les patientes (c’est un hôpital universitaire), mais que sinon les femmes y ayant accouché étaient toutes prêtes à y retourner ‘les yeux fermés’. Plutôt rassurant, non ?

Je suis donc allée confiante à ma première consultation. Pour sûr, la sage-femme et sa stagiaire ont été très pro, ouvertes et sympathiques. Pour sûr, l’aspect ‘hôpital’ (et son odeur caractéristique) m’ont rassurée sur l’aspect médical.
Mais sinon…
Sinon, j’ai découvert que j’étais en présence d’un des tentacules de la pieuvre administrative française :
• Avant chaque rendez-vous, il faut s’inscrire à la caisse et faire la queue un quart d’heure – moi qui étais fière d’avoir cinq minutes d’avance, j’ai finalement pu monter en retard et ai attendu une demi-heure : une autre patiente était passée devant moi.
• J’ai un nom composé assez long, qui apparemment ne rentrait pas dans les cases de l’ordinateur. On a refusé d’ajouter une ligne ou d’accoler un des deux noms à la case prénom (pour le coup, j’ai un prénom très court). Composer avec mon nom, même la sécu et les impôts y arrivent, pourtant !
• Vacances d’été oblige, il n’y a pas de préparation à l’accouchement en août, et le planning de la rentrée n’est pas disponible avant le 15 septembre : pour les femmes qui accouchent en septembre-octobre, prière de prévoir de ne pas savoir respirer/pousser.
• Cerise sur le gâteau : la salle des infirmières. Un grand capharnaüm où tout le monde entre et sort comme dans un moulin, dans l’indifférence générale et l’absence totale de confidentialité.
Vous arrivez, on vous tend un gobelet en plastique sans même vous dire bonjour : c’est l’heure de la pause-pipi. De retour des toilettes, vous tendez votre gobelet jauni devant les autres patientes qui ont fait comme vous, et qui se pèsent juste devant vous (complexées, s’abstenir !).
Puis, prise de sang est faite par l’infirmière qui, en même temps qu’elle vous pique, rembarre une autre patiente qui entre, l’air inquiet, une feuille de résultats de diabète à la main : « je ne suis pas médecin, moi, lui dit l’infirmière. Je ne suis pas habilitée à analyser les résultats.
- Je comprends, répond la patiente. Puis-je voir un médecin ?
- Non, ils sont occupés en salle d’accouchement. Quant aux sages-femmes, elles ont des rendez-vous tout l’après-midi. Je ne peux rien pour vous.
- Mais…
- Oh la la ! Sonnez en salle d’accouchement, quelqu’un finira bien par en sortir… »
Je demande quand je recevrai mes résultats, on me répond : « jamais, si tout va bien. Vous n’avez pas besoin de savoir s’il n’y a rien de spécial. » Avec l’assistance publique, il faut apprendre à mettre son destin dans les mains des autres, et son cerveau (son libre-arbitre) de côté quand on franchit les portes de l’hôpital.

Si je regrette mon choix ? Non, pour l’instant je l’assume. Et puis, ce n’est que le début ; ça peut encore s’améliorer !

mercredi, août 06, 2008

De retour, + six kilos


Si tout va bien, je serai maman dans un peu moins de trois mois d’une petite fille, qui, à l’heure qu’il est, donne des coups dans la vessie –pardon, le punching ball- de sa mère. Une amie enceinte de neuf mois m’a dit que très bientôt j’aurai droit aux côtes en même temps que la vessie : les poings d’un côté, les pieds de l’autre.
Mais quel plaisir quand mon petit alien vient se blottir tout contre la paroi de mon ventre, quand je caresse sa bosse…
Amusant aussi, quand son père, regardant le ballon bouger, approche sa main et que soudain le ballon se fige ! Le père lance, dépité : « elle fait exprès de s’arrêter quand c’est moi ! » Je lui réponds : « mais non, justement, ta main l’apaise ! »
Il faudra bientôt lui trouver un prénom, à ce petit bout.

Toutes mes excuses pour ce long silence, amis blogueurs, silence dû pêle-mêle à la fatigue, à l’angoisse, puis aux interrogations existentielles… Me revoici donc ; j’ai hâte de continuer à vous lire sur vos pages !

mercredi, avril 02, 2008

Des nouvelles, des nouvelles!

Jusqu'ici tout va bien.
Envies de dormir irrépressibles, nausées, cheveux épaisssis et ongles en acier...

Ah, si nous n'étions pas en France et si la grossesse n'était pas devenue une maladie, je crois que je serais presque... sereine.
Mais pas si vite, Blanche, tu es enceinte, tu n'as pas droit à:
un p'tit verre de champ' de temps en temps (de toute façon ça ne me fait pas envie; la bière, en revanche...);
un massage dans un spa (attention aux méchantes huiles essentielles!);
embrasser des petits enfants, parce que s'ils sont gardés en collectivité, ils sont porteurs d'un germe dont tu as oublié le nom mais qui est très dangereux pour le foetus;
ne pas psychoter parce que, ATTENTION, tu n'as pas eu la toxoplasmose! Interdiction donc de manger de la viande crue ou peu cuite, des fruits/légumes/herbes non lavés au vinaigre par toi-même... Oups, ces framboises sur cette tarte dans ce restaurant n'étaient pas cuites, et je les ai mangées!! Angoisse et désespoir! Combien de nuits sans sommeil à se demander si on a commis l'irréparable? Encore un certain nombre: le temps d'incubation de la toxoplasmose va jusqu'à trois semaines...

Est-on aussi sévère avec les femmes enceintes, au Canada?

samedi, mars 01, 2008

Température ressentie: -26

Commençant à me demander qu'emporter dans ma valise pour Québec, je me connecte ce matin sur internet afin d'y glaner la météo.
Celle-ci me dit: 'température: -16°. Température ressentie: -26°'
I'm sorry, what??

Là, mon esprit ne fait qu'un tour: que peut-il bien y avoir dans ma penderie parisienne pour résister à un tel froid??
Une vieille polaire âgée de quinze ans. Pas sexy pour deux sous, mais bon.
De grosses moufles en laine tricotées par Tante Monique.
Un très parisien bonnet en cachemire.
Des chaussures de marche Timberland.
Un blouson de ski avec capuche.
Un manteau en peau retournée acheté il y a deux ans en Pologne.

Chers lecteurs venus du froid, pouvez-vous me dire comment vous vous habillez pour supporter cette 'température ressentie'?
Faut-il que je coure chez Décathlon m'acheter des chaussettes de rando, et chez Damart m'acheter un bon vieux tricot de corps??
Help!!

mercredi, janvier 02, 2008

Formidable, on respire !


Les restaurants, cafés et boîtes de France sont à présent non-fumeurs.
Quel ne fut pas mon bonheur hier, de pouvoir déjeuner dans mon café fétiche (frites et tarte aux pomme grand-mère à tomber), non pas au fond de la salle comme avant, mais dans la terrasse chauffée, meilleur coin jadis réservé aux fumeurs ?

Je ne sais si je fais partie d’une minorité ou si les journalistes sont tous fumeurs, mais tous les gens interviewés sur le sujet étaient véhéments contre la nouvelle loi. Eh bien moi, je suis ravie !
Jusqu’à hier 00h00, le Français fumeur était hype, et le non-fumeur –le mec pas drôle qui ne sait pas s’amuser-, coincé à une table entre la porte des WC et la pompe à incendie.

Mais aujourd’hui tout va changer ! Celui qui ne clope pas va aussi avoir le droit d’être in.
C’est toute la mentalité des Français qui va évoluer. Bien plus tard, certes, que nos amis d’Amérique et cousins d’Europe, mais qui a dit que la France devait toujours être à la pointe des tendances ?:)

mardi, novembre 27, 2007

Les aléas du sport dominical…

Dimanche matin, à la fin de ma séance de fitness, je rentrais tranquillement dans les vestiaires, quand une femme s’est plantée devant moi, sans me regarder. Elle arrivait à la salle de gym, son manteau encore mis et sa serviette propre dans la main.
Je me suis retournée, ai farfouillé dans mon casier ; elle était toujours là. Coup d’œil rapide sur les autres casiers : tous étaient pris à côté de moi, mais certains étaient libres un peu plus loin. Elle aurait donc pu en prendre un.
Pourquoi la dame n’allait-elle pas voir plus loin ?

J’ai attrapé mon sweat en polaire, l’ai enfilé – heureusement que je prends ma douche chez moi, sinon je me serais déshabillée sous le nez de l’inconnue… qui était toujours là.
J’ai pris mon sac à dos, y ai rangé mon cadenas et ai montré que je partais.
Dès que la femme l’a vu, elle s’est précipitée sur mon casier. J’ai jeté un dernier coup d’œil en arrière : mon numéro de casier était le 13.
Avions-nous affaire à une sportive superstitieuse ?

mercredi, novembre 14, 2007

On ne joue pas avec mes nerfs !:)

J’ai envoyé mon manuscrit à trois maisons d’édition.
Aucune réponse pour l’instant.
Ni oui, ni non, c’est déjà ça.
Je guette la sonnerie de mon portable et redoute d’ouvrir ma boîte aux lettres : un coup de fil, c’est bon signe, une lettre, très mauvais.

Tout à l’heure, mon téléphone sonne. Je regarde l’écran : ‘numéro privé’.
Je ne connais personne en numéro privé.
Le cœur battant, j’attrape délicatement mon portable et appuie sur la touche verte.
« - Allô ?
- Madame Krrrrr [grésillement]
- Pardon ? [cœur qui bat la chamade]
- Je suis bien à la boutique de toilettage Toutou Stop ?
- Euh, non… [encéphalogramme plat comme une crêpe]
- Ah, excusez-moi, j’ai dû me tromper de numéro ! »

C’est cela, oui…

mercredi, novembre 07, 2007

‘C’est juste pas possible…’

En France de nos jours, l’on affectionne quelques expressions que l’on met à toutes les sauces. D’abord entendues dans les entreprises où elles ont été directement traduites de l’anglais, les ‘c’est juste pas possible’ et ‘je reviens vers toi’ font florès à présent dans toutes les conversations.

Mis à part ces anglicismes, nous Français modernes ponctuons également nos phrases de menues expressions du type ‘au jour d’aujourd’hui’ et ‘en même temps’, non pour signifier la conjonction de deux faits mais pour nuancer un propos.

‘Y’a pas de souci’, qui faisait fureur au début des années 2000, a été détrôné par ‘c’est clair’ et ‘grave !’, en langage plus familier.
Je tente moi-même actuellement de me sevrer de cette ‘clarté’ si commode en ressortant ‘de toute évidence’ et ‘c’est sûr’. Mais c’est clair que ce n’est pas évident !

samedi, novembre 03, 2007

Facebook, dites-vous ?

Qui n’a entendu parler de ce merveilleux outil internet vous permettant de retrouver vos anciens copains de bancs d’école ?

Une amie d’école de commerce m’a enjoint de m’y inscrire, tellement ce site était ‘addictif’ ; elle était très fière d’avoir retrouvé un affreux camarade de promo que nous surnommions ‘gromateur’, en référence à son regard déviant lorsque nous portions jupe ou décolleté.

Je me suis donc connectée ce matin sur le site, et ai observé les photos de mes camarades de classe perdus de vue, comme ce frimeur grec rencontré il y a 10 ans sur les bancs de l’université de Londres : il s’est fait photographier aux commandes d’un hélicoptère, des Ray Ban sur le nez… Les gens ne changent pas !
Mais à part son nom –que j’avais oublié- et son année de graduation, aucune autre information n’était disponible ; et franchement, cela m’importait-t-il ? Tant mieux pour lui s’il sait piloter des avions ! A part cela, je n’ai pas l’intention d’entrer en contact avec lui.
Car finalement, si j’ai perdu de vue tous ces anciens camarades d’études, c’est que nous n’avions rien à partager. Cela serait-il différent aujourd’hui ? J’en doute. Aujourd’hui, ceux qui sont encore mes amis sont ceux que je n’aurais de toute façon pas perdu de vue. Alors, le compte est bon.

Facebook, ce sont cinq minutes de fun à passer en revue les photographies soigneusement choisies de vos anciens camarades : photos souvent prises lors de vacances au bout du monde ou de soirées bien habillées ; aucune tristounette photo d’identité. Moment sympathique. A présent, je passe à autre chose.

vendredi, septembre 21, 2007

J'ai un taf de malade...

Il y a des périodes comme ça, on n'a pas le temps de lire son Elle hebdomadaire, pas le temps de faire du shopping, et pas le temps de naviguer sur ses blogs préférés...
M'énerve!
Mais je n'ai pas dit mon dernier mot: c'est le weekend!
A très bientôt sur vos blogs, donc!

jeudi, août 16, 2007

God Save America

Ma dernière discussion avec des Américains remontait à quelques mois. Il s’agissait d’un couple de New-Yorkais d’une quarantaine d’années, rencontré dans un hôtel parisien à l’heure du thé : ils cherchaient un resto pour le soir, nous étions à la table d’à côté, la conversation s’est entamée.
Ils vivaient dans Greenwich Village (mon quartier préféré de Manhattan), ils étaient ouverts sur le monde, l’Europe, fiers d’être américains, mais pas pleins de cette fierté baudruchienne que l’on imagine. Et puis, ils n'appréciaient pas Bush ; pour l’invasion de l’Irak et l’enlisement qui s’en est suivi, et pour, selon eux, sa vision archaïque du monde, où un seul pays s’estime capable d’être garant de la paix dans le monde.


En Californie, changement de décor : un couple d’une cinquantaine d’années, pensionnaire du même petit hôtel que nous à San Francisco, rencontré lors de la dégustation quotidienne de vin californien proposée par la direction.
Les deux Américains disent que même s’il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak, l’invasion américaine était plus que justifiée ; ils ne parlent d’ailleurs pas ‘d’invasion’, mais de ‘libération’.
Ils nous demandent l’air faussement candide si nous trouvons normal que l’Amérique soit le garant de la démocratie dans le monde.

Quand nous commençons à parler d’Europe, leur première remarque est : ‘ah, l’Europe ! Bientôt la Turquie en fera partie !’ Suit une diatribe contre l’Europe, et en particulier la France, qui est aujourd’hui le deuxième terreau de l’islamisme, juste derrière le Moyen-Orient. Ils citent les taux de natalité des femmes musulmanes en Europe par rapport aux ‘Européennes de souche’. Ils disent que bientôt les Musulmans seront majoritaires en Europe, et que ça bardera pour nous.
On sent que le vieux continent leur fait peur, et que c’est une question de temps avant que l’Amérique, garante de la liberté dans le monde, ait à sauver l’Europe des griffes de l’ennemi qu’ils combattent déjà en Irak et en Afghanistan.

Pour résumer, dans le journal californien, on peut lire des phrases comme « quel que soit le candidat républicain investi pour l’élection présidentielle de l’année prochaine, il aura fort à faire à se trouver une mission à la hauteur de celle que Bush s’est donnée sur ses deux mandats, à savoir garantir la liberté et la démocratie dans le monde entier. » (traduction libre)

J’admire sans arrière-pensée la propension des Américains à être fiers de leurs origines (italiennes, chinoises, russes…) mais à se sentir avant tout Américains.
Je suis reconnaissante que les Etats-Unis se soient, à plusieurs reprises au XXème siècle, engagés dans des conflits qui n’étaient pas les leurs pour libérer des pays envahis, notamment la France.
Je suis très friande de littérature, séries télé, films, voire de temps en temps fast-food et tendances de mode américains.
Allé, même, j’adore me la jouer au Starbucks, avec mon gobelet de café et mon ordinateur portable sur la table.

Mais je ne peux adhérer à ce qui me semble être une certaine autosatisfaction de se considérer comme les seuls et uniques sauveurs du monde actuel ; à mon sens, dire que l’ONU ne fonctionne pas a bon dos, car un pays aussi important dans cette organisation que les US (disposant du droit de veto, comme seulement 4 autres pays au monde !), ne cessant de passer outre, l’affaiblissent d’autant.
Je ne comprends pas comment les Américains peuvent vivre avec une telle contradiction entre leur sentiment de mission presque divine auprès du monde entier, et leur protectionnisme -économique et culturel- aigu ; souvenez-vous des importations de vins et fromages français, interdits au moment de l’invasion de l’Irak, car ces petits Français avaient osé s’y opposer. Je peux vous garantir que les Français, eux, ont pendant ce temps continué à aller au Mac Do et à aller voir Spiderman : car si c’est une chose de critiquer une politique extérieure, c’en est une autre de boycotter tout ce qui représente un pays.
Ce sont deux notions tellement antagonistes que je ne peux m’empêcher de penser que nos amis américains ne font pas preuve d’une certaine… mauvaise foi.

Surtout, je ne comprends pas que les Etats-Unis ne signent pas le protocole de Kyoto, point de départ primordial à une régulation de la pollution à l’échelle mondiale. Et quand on sait qu’après la Chine et l’Inde, les Etats-Unis sont parmi les plus grands pollueurs du monde, on tend à se demander si les Américains n’ont pas tout simplement une vue court-termiste : à quoi cela sert-il de sauver des pays des griffes de dictateurs, si nous allons quoi qu’il arrive tous mourir dans 20 ans, quand le climat sera devenu insupportablement chaud dans le monde entier ?

mercredi, août 08, 2007

Décalage horaire

Messieurs dames qui n'arrivez pas à dormir, bonsoir! (ou plutôt, bonne nuit!)

Mon chéri et moi sommes rentrés ce matin de Californie.
Il est bientôt 4 heures du matin à Paris, soit grand temps de dormir, et presque 19 la veille à Los Angeles, soit l'heure de l'apéro (ou du dîner, vu que les Américains dînent tôt).
Je suis donc assise dans mon lit (au bout de 2 heures à me tourner dans tous les sens j'ai fini par allumer la lumière), à taper ce post (vive le Wifi!), et à faire des miettes de pain et chocolat au lait sur ma couette, pendant que chéri regarde dans le salon un épisode de Lost.

Alors dites-moi, ne trouvez-vous pas 100 fois plus dur de vous faire au décalage horaire quand vous allez vers l'est (plus tard) que quand vous allez vers l'ouest (plus tôt)?
Avez-vous des recettes miracles?? Je suis preneuse!!

lundi, juin 04, 2007

« French people don’t use deodorant ! »

Il paraît que les Français sont sales.

Les mythes ont la vie dure, ils viennent de Louis XIV et des moult onguents et talcs qu’il utilisait pour se parfumer… et camoufler les mauvaises odeurs.

Certes. Il y a 300 ans, la noblesse versaillaise avait une hygiène douteuse.
Il y a 10 ans, je fais la queue au magasin Student Union de mon université londonienne. Devant moi, deux étudiants à l’accent immanquablement américain.
Lui, sûr de son effet : « did you know that French people don’t use deodorant ? »
Elle, ébaubie : « really ?? Oh my god, it’s unbelievable ! »
Lui : « I swear to god ! French people don’t wash and don’t wear deodorant ! That’s why they smell like sweat ! »

Mon flapjack dans une main et mon porte-monnaie dans l’autre, je ne pourrais pas vérifier mes aisselles, même si j’en ressentais le besoin. Et puis, ce ne serait pas très discret…

En tout cas, ce jeune Américain devrait se renseigner sur la consommation mondiale de cosmétiques, avant de faire son tour d’Europe en quinze jours : les n° 1 sont… les Français ! Devant les Américains.
Remarquez… En dignes héritiers de Louis XIV, peut-être est-ce pour camoufler le manque de bains et les mauvaises odeurs qui vont avec ?

jeudi, mai 31, 2007

Sexisme anodin…

J’ai appelé ce matin la hotline d’une grande compagnie aérienne française afin de confirmer notre voyage en Californie cet été.
Voyages fréquents de travail oblige, j’ai pu payer nos deux billets d’avion avec mes ‘miles’.

Ayant par ailleurs beaucoup voyagé en ce début d’année, j’ai la possibilité –théorique- de sacrifier un peu plus de miles pour voyager en affaires. Je pose donc la question à l’hôtesse, qui me répond :
« - Il y a peu de places réservées pour les billets prime en classe affaires, mais je vais vérifier les disponibilités sur vos vols. Tout d’abord, je vérifie le solde de miles de votre ami… Oui, c’est bon, il dispose de 35000 miles supplémentaires !
- Excusez-moi, mais c’est mon compte de miles ; c’est moi qui suis gold, lui n’a même pas de carte de fidélité !:)
- Ah oui, pardon, mademoiselle… Au fait, je suis désolée, mais il n’y a pas de place en affaires ces jours-là… »

Aucune malice ou méchanceté dans la voix de la jeune femme.
Mais j’ai bien eu un petit pincement au cœur à l’idée qu’elle ait trouvé normal qu’une autre jeune femme ne puisse pas être ‘gold’, mais puisse en revanche prendre le temps en semaine d’appeler pour confirmer un voyage…

En plus, c’est moi qui ‘paye’ le voyage de Clément !
Mon chéri est un gigolo ! (pourvu qu’il ne lise pas ce billet…)

mardi, mai 29, 2007

Libre!! (enfin, presque)

Ca y est, j'ai donné mon dernier cours de marketing samedi dernier.
Quelle idée avais-je eu d'accepter, après 60h de boulot dans la semaine, d'enchaîner sur une journée de cours... en anglais, en plus!!

Mais ça y est, c'est fini.

Alors voilà, je suis libre, cher-roman-non-encore-écrit, tu n'as qu'à bien te tenir!

lundi, mai 21, 2007

OREO, the n°1 cookie in the world!


Lorsque je vis ce paquet sur les étagères 'import' de mon supermarché trendy, je décidai qu'il fallait essayer ces petits biscuits ronds que l'on voit dans toutes les séries américaines...


Rentrée chez moi, je fis bouillir de l'eau et, après avoir dubitativement regardé le mode d'emploi, ouvris le 'sachet-fraîcheur' pour tremper un biscuit dans mon thé (pas de lait chez moi).

Et là, ô malheur aux dents cariés, mais ce biscuit rond est une horreur de SUCRE!!
Comment peut-il être le n°1 cookie in the world, alors que tout ce que l'on goûte, c'est le sucre qu'il contient!!

Je rangeai rageusement le paquet dans le placard. 2€99 dépensés pour rien.
Et puis, le lendemain, à l'heure du thé, je me dis que je n'avais pas assez donné sa chance au produit, et essayai à nouveau.
Tiens, ce n'était pas si mauvais, finalement...

Et ainsi de suite jusqu'à la fin du paquet.

A présent j'ai compris ce que les industriels de l'agro-alimentaire américains ont compris bien avant moi: le sucre est addictif!:)