… soit en la facilité du monde, soit en leurs propres capacités ; ils peuvent prétendre faire en une semaine le tour d’une situation aussi complexe que celle de l’Europe en partant de zéro et presque sans instruments de travail : la bonne volonté est la panacée qui suffit à tout. »
Cette phrase de Simone de Beauvoir date de... 1947.
Et pourtant, à sa lecture, elle semble encore si vraie, plus de soixante ans plus tard !
Elle me rappelle ces étudiants américains, qui passaient une année à l’Université de Londres, sympathiquement fiers de leur hardiesse à oser vivre une année dans un pays aussi ‘différent’ du leur.
Je les revois, ces étudiants pleins de bonne volonté, théoriser sur combien les Français sont sales, et, en cours de Nationalism, appeler les Européens ‘you guys’ et résumer en deux phrases toutes les problématiques de sécessionnisme sur ce continent qu’ils ‘figure out’ en un tournemain. (Entre parenthèses, pas étonnant qu’ils aient soutenu le Kosovo dans sa volonté d’indépendance, sans penser –ou considérer outre-mesure- aux conséquences que cette indépendance peut avoir dans les Balkans, ce territoire hautement inflammable de l’Europe).
C’est fait sans arrogance, sans hostilité. Puis, les cours finis et les vacances arrivées, ils font le tour de l’Europe en 15 jours, saupoudrage Paris-Rome-Berlin-et, petit frisson de l’Est, Prague -ingrédient indispensable au tour en cette fin des années 90.
A la fin de l’année, ils feront leurs valises, rangeront leur chambre du Hall of Residence, pensant à leurs compatriotes qui les remplaceront bientôt et qui, comme eux un an plus tôt, repartiront satisfaits au pays, rangeant dans une case de leur cerveau la définitivement ‘figured out old Europe’.
J’aime cette naïveté, cet optimisme ; ils sont rafraîchissants pour nous, vieux Européens torturés, et à la mémoire collective digne d’une psychanalyse longue de toute une vie.
Cependant, on aimerait bien aussi, parfois, que nos amis Américains comprennent que, comme dit Beauvoir, la bonne volonté seule n’est pas toujours la panacée qui suffit à tout…
samedi, février 23, 2008
samedi, février 09, 2008
Hâte d'y être!
Je prépare actuellement notre prochain voyage au Québec. Guide du Routard en main et branchée sur Trip Advisor, je recherche les B&B les plus cosys... pour pas trop cher.
Et quel bonheur d'avoir les propriétaires au téléphone, avec leur joli accent québécois, et charmants comme on n'en fait pas en France!:)
Moi qui avais peur de ne pas trouver d'endroit sympathique -à un mois seulement de nos vacances-, me voilà à ne plus savoir que choisir, car tous les B&B ont l'air formidables!
Vraiment, j'ai hâte d'y être...
Et quel bonheur d'avoir les propriétaires au téléphone, avec leur joli accent québécois, et charmants comme on n'en fait pas en France!:)
Moi qui avais peur de ne pas trouver d'endroit sympathique -à un mois seulement de nos vacances-, me voilà à ne plus savoir que choisir, car tous les B&B ont l'air formidables!
Vraiment, j'ai hâte d'y être...
samedi, février 02, 2008
Beau rôle

Un acteur d’une trentaine d’années reçoit un mail d’un ancien camarade de classe devenu prof, qui lui demande d’intervenir lors d’un prochain cours dans son collège. Ainsi débute Beau rôle, le dernier livre de Nicolas Fargues, que j’ai dévoré en essayant de ne pas le finir trop vite.
« Déjà vingt ans, mais vingt ans qui, parce que j’avais, moi, l’impression que ce n’était pas si loin que ça, ne sonnaient pas pareil que le ‘il y a vingt ans’ de la génération de mes parents. »
Je n’avais jamais rien lu de cet auteur, mais le fait qu’il soit banlieusard-parisien-de-ma-génération m’a donné envie de le découvrir. Et quelle bonne idée !
« Je me suis dit que, bien vieillir, ça servait surtout à ne pas trop souffrir de ne plus être jeune. »
Chers blogueurs trentenaires, si la vie est pour vous parfois douce-amère, si vous êtes des fois nostalgiques, et que pour vous rassurer vous vous dites que vous avez ‘encore’ la vie devant vous, lisez Beau rôle, et vous sentirez que vous n’êtes pas seuls !
mercredi, janvier 02, 2008
Formidable, on respire !

Les restaurants, cafés et boîtes de France sont à présent non-fumeurs.
Quel ne fut pas mon bonheur hier, de pouvoir déjeuner dans mon café fétiche (frites et tarte aux pomme grand-mère à tomber), non pas au fond de la salle comme avant, mais dans la terrasse chauffée, meilleur coin jadis réservé aux fumeurs ?
Je ne sais si je fais partie d’une minorité ou si les journalistes sont tous fumeurs, mais tous les gens interviewés sur le sujet étaient véhéments contre la nouvelle loi. Eh bien moi, je suis ravie !
Jusqu’à hier 00h00, le Français fumeur était hype, et le non-fumeur –le mec pas drôle qui ne sait pas s’amuser-, coincé à une table entre la porte des WC et la pompe à incendie.
Mais aujourd’hui tout va changer ! Celui qui ne clope pas va aussi avoir le droit d’être in.
C’est toute la mentalité des Français qui va évoluer. Bien plus tard, certes, que nos amis d’Amérique et cousins d’Europe, mais qui a dit que la France devait toujours être à la pointe des tendances ?:)
dimanche, décembre 30, 2007
15221!
Chers blogueurs et blogueuses,
Grâce à vous, cette semaine, le site Blanche à Paris a franchi la barre des 15000 visites!
En voilà un joli cadeau pour terminer l'année!
Celui-là, je ne le revendrai pas!:)) (cf post précédent).
Grâce à vous, cette semaine, le site Blanche à Paris a franchi la barre des 15000 visites!
En voilà un joli cadeau pour terminer l'année!
Celui-là, je ne le revendrai pas!:)) (cf post précédent).
dimanche, décembre 23, 2007
Revendez vos cadeaux !
J’étais hier dans le métro, prête à affronter la foule du boulevard Haussmann pour acheter mes derniers cadeaux, entre le Printemps et les Galeries Lafayette.
Habitant en bout de ligne, je me suis assise sur le strapontin, une vue imprenable sur tout le wagon. Une publicité au fond de ce dernier a accroché mon regard : ‘revendez vos cadeaux !’, disait-elle.
Cette pub pour un site internet de vente de divers objets allait faire le tour de la ligne de métro, via les grands magasins. Elle allait être vue par tous les voyageurs, les bras remplis de paquets pour leurs proches. Whatever.
Joyeux Noël quand même !:) (dixit Madame Muscain).
Habitant en bout de ligne, je me suis assise sur le strapontin, une vue imprenable sur tout le wagon. Une publicité au fond de ce dernier a accroché mon regard : ‘revendez vos cadeaux !’, disait-elle.
Cette pub pour un site internet de vente de divers objets allait faire le tour de la ligne de métro, via les grands magasins. Elle allait être vue par tous les voyageurs, les bras remplis de paquets pour leurs proches. Whatever.
Joyeux Noël quand même !:) (dixit Madame Muscain).
jeudi, décembre 13, 2007
Cadeaux de Noël surinvestis
Certaines personnes ont tendance à surinvestir émotionnellement les cadeaux qu’elles reçoivent à Noël et n’ont jamais de mots assez forts pour déplorer un cadeau qui tombe à côté : certes elles voulaient les Concertos Brandebourgeois, mais pas par cette interprète-là, certes elles voulaient une bougie parfumée mais elles détestent l’odeur de la vanille, etc etc…
Ma mère est de ces personnes-là.
Alors, quand une telle mère et sa fille échangent au sujet des cadeaux de Noël, cela donne ceci :
« - Blanche, j’ai acheté le livre qui était sur ta liste, je voudrais t’offrir une petite surprise en plus, mais tu n’aimes jamais ce que je t’offre de moi-même.
- Pareil ici. J’ai pris le DVD que tu voulais et je ne sais que prendre en plus : ça ne te plairait pas.
- Mais si, je t’ai dit que j’aimerais bien une bougie parfumée ! Mais surtout pas à la vanille, hein ?
- Compris. De mon côté, j’ai plein d’idées pour moi : des produits de beauté Kiehl’s, de la pâte à tartiner Maison du Chocolat, etc etc etc… Comme ça, tu as l’embarras du choix !
- Ca c’est sûr, j’ai bien l’embarras ! »
L’année prochaine, c’est décidé, j’achète tous mes cadeaux pour tout le monde chez Oxfam ou à l’Unicef : plus de prise de tête psychanalytique, et un peu plus d’utilité sur terre !
Ma mère est de ces personnes-là.
Alors, quand une telle mère et sa fille échangent au sujet des cadeaux de Noël, cela donne ceci :
« - Blanche, j’ai acheté le livre qui était sur ta liste, je voudrais t’offrir une petite surprise en plus, mais tu n’aimes jamais ce que je t’offre de moi-même.
- Pareil ici. J’ai pris le DVD que tu voulais et je ne sais que prendre en plus : ça ne te plairait pas.
- Mais si, je t’ai dit que j’aimerais bien une bougie parfumée ! Mais surtout pas à la vanille, hein ?
- Compris. De mon côté, j’ai plein d’idées pour moi : des produits de beauté Kiehl’s, de la pâte à tartiner Maison du Chocolat, etc etc etc… Comme ça, tu as l’embarras du choix !
- Ca c’est sûr, j’ai bien l’embarras ! »
L’année prochaine, c’est décidé, j’achète tous mes cadeaux pour tout le monde chez Oxfam ou à l’Unicef : plus de prise de tête psychanalytique, et un peu plus d’utilité sur terre !
lundi, décembre 10, 2007
Comment voyez-vous le temps ?
Quand vous pensez à Noël, ou à vos dernières vacances cet été, où les voyez-vous dans votre tête ? De façon linéaire, ou sur une figure géométrique ?
J’avais l’autre jour cette discussion avec une collègue, qui voit le temps comme un axe des abscisses infini, où les jours de la semaine sont des histogrammes plus ou moins hauts, selon l’intérêt de ces jours : samedi plus haut que vendredi, vendredi plus haut que lundi…
Pour ma part, je vois le temps comme une figure géométrique à quatre côtés, creuse au milieu, et j’avance sur les arêtes : le premier côté va de janvier à Pâques, le second s’étend jusqu’aux vacances d’été, le troisième représente juillet et août, et le dernier va de septembre à la nouvelle année. Cette vision du temps date de mes années d’école, qui étaient ponctuées par les vacances. Elle n’a pas changé, et tous les ans je repars sur le même parallélépipède…
Quand je parle de cela à Clément, il me prend pour une folle : pour lui, le temps avance, linéaire, pas même sur une ligne, comme il vient.
Et vous, comment voyez-vous le temps ?
J’avais l’autre jour cette discussion avec une collègue, qui voit le temps comme un axe des abscisses infini, où les jours de la semaine sont des histogrammes plus ou moins hauts, selon l’intérêt de ces jours : samedi plus haut que vendredi, vendredi plus haut que lundi…
Pour ma part, je vois le temps comme une figure géométrique à quatre côtés, creuse au milieu, et j’avance sur les arêtes : le premier côté va de janvier à Pâques, le second s’étend jusqu’aux vacances d’été, le troisième représente juillet et août, et le dernier va de septembre à la nouvelle année. Cette vision du temps date de mes années d’école, qui étaient ponctuées par les vacances. Elle n’a pas changé, et tous les ans je repars sur le même parallélépipède…
Quand je parle de cela à Clément, il me prend pour une folle : pour lui, le temps avance, linéaire, pas même sur une ligne, comme il vient.
Et vous, comment voyez-vous le temps ?
mardi, novembre 27, 2007
Les aléas du sport dominical…
Dimanche matin, à la fin de ma séance de fitness, je rentrais tranquillement dans les vestiaires, quand une femme s’est plantée devant moi, sans me regarder. Elle arrivait à la salle de gym, son manteau encore mis et sa serviette propre dans la main.
Je me suis retournée, ai farfouillé dans mon casier ; elle était toujours là. Coup d’œil rapide sur les autres casiers : tous étaient pris à côté de moi, mais certains étaient libres un peu plus loin. Elle aurait donc pu en prendre un.
Pourquoi la dame n’allait-elle pas voir plus loin ?
J’ai attrapé mon sweat en polaire, l’ai enfilé – heureusement que je prends ma douche chez moi, sinon je me serais déshabillée sous le nez de l’inconnue… qui était toujours là.
J’ai pris mon sac à dos, y ai rangé mon cadenas et ai montré que je partais.
Dès que la femme l’a vu, elle s’est précipitée sur mon casier. J’ai jeté un dernier coup d’œil en arrière : mon numéro de casier était le 13.
Avions-nous affaire à une sportive superstitieuse ?
Je me suis retournée, ai farfouillé dans mon casier ; elle était toujours là. Coup d’œil rapide sur les autres casiers : tous étaient pris à côté de moi, mais certains étaient libres un peu plus loin. Elle aurait donc pu en prendre un.
Pourquoi la dame n’allait-elle pas voir plus loin ?
J’ai attrapé mon sweat en polaire, l’ai enfilé – heureusement que je prends ma douche chez moi, sinon je me serais déshabillée sous le nez de l’inconnue… qui était toujours là.
J’ai pris mon sac à dos, y ai rangé mon cadenas et ai montré que je partais.
Dès que la femme l’a vu, elle s’est précipitée sur mon casier. J’ai jeté un dernier coup d’œil en arrière : mon numéro de casier était le 13.
Avions-nous affaire à une sportive superstitieuse ?
samedi, novembre 24, 2007
Souvenirs…
En faisant du tri dans mes ‘écrits’ (nom du dossier sur l’ordinateur), j’ai retrouvé mon tout premier essai d’écriture, un petit recueil de moments vécus.
Je l’ai relu avec tendresse. C’est maladroit, un peu alambiqué, mais sincère, et j’ai l’impression que je suis depuis restée fidèle à mon style.
Et si je vous en soumettais un extrait ?

1996, York. Je rends visite à un ami qui y fait ses études.
(…) York est un endroit très plaisant, mais à la tombée de la nuit le vent se met à souffler dans les ruelles autour de la cathédrale, et l’ombre des remparts devient lugubre.
Vers 19 heures, on se met à frissonner et les rues se vident. Marco et moi sommes encore dehors. Nous attendons 20 heures. Rendez-vous est donné devant un pub au bord du fleuve : c’est là que le ‘Ghost Walk’ part. Ce soir, nous allons arpenter la ville endormie à la recherche des ses fantômes.
Le guide arrive, pas très grand mais l’allure imposante. Il porte un long manteau noir et une écharpe blanche. Il va emmener le groupe étape par étape, en racontant de sa voix grave les apparitions qui ont eu lieu les nuits de pleine lune. Dans les caves du château, un soldat enfermé par erreur revient monter la garde et hurler contre l’injustice dont il a été victime. Dans cette rue, un duel a été fatal pour un combattant. Il y revient une fois par an. Groupés autour du guide, nous écoutons attentivement. Marco se met derrière moi pour faire écran au vent et ne laisser personne m’effleurer : cela me ferait bondir.

Marco et moi avons dîné avant, et je digère. Malheureusement, nous avons mangé épicé, et pour soulager ma langue brûlante, j’ai bu beaucoup d’eau... Le guide continue à raconter avec sa voix d’outre-tombe, mais j’ai de plus en plus de mal à me concentrer : l’envie se fait très pressante. J’en fais part pudiquement à Marco, qui devient tout pâle. Marco est quelqu’un de très convenable, et ce n’est pas poli de quitter le groupe en demandant au guide quelle est la prochaine étape pour pouvoir le rejoindre plus tard. Pourtant, il n’y a pas vraiment le choix...
Etape suivante en tête, Marco et moi nous élançons dans une course effrénée à travers les ruelles éteintes du centre ville, à la recherche d’un fast-food charitable. Le seul MacDo que Marco connaît est fermé. Je vois au loin les lumières jaunes et orange du concurrent. Enseigne allumée = restaurant ouvert ? Espérons-le.
Nous courons aussi vite que nous pouvons. La porte est ouverte, mais il n’y a personne dans le fast-food. Les chaises sont sur les tables. Le ménage a été fait. J’entre, un jeune homme sort de la cuisine derrière les caisses. « Nous fermons, mademoiselle. Nous ne pouvons vous servir que du jus d’orange. » Une boisson ? Ah ça non. Entendant Marco rentrer derrière moi, je ne prends même pas le temps de répondre. C’est fou ce qu’une vessie pleine peut rendre mal poli. La détresse doit se lire sur mon visage, car le vendeur me laisse monter à l’étage sans rien dire (règle à connaître: les toilettes sont toujours à l’étage). Marco esquisse un sourire gêné.
Quand je redescends, Marco, debout devant la porte, sirote un jus d’orange. Il n’aime pas le jus d’orange, mais cela ne se fait pas de ne rien commander quand on utilise les toilettes. Il m’en propose. Hors de question : je n’ai pas envie d’un deuxième marathon.
Je l’ai relu avec tendresse. C’est maladroit, un peu alambiqué, mais sincère, et j’ai l’impression que je suis depuis restée fidèle à mon style.
Et si je vous en soumettais un extrait ?

1996, York. Je rends visite à un ami qui y fait ses études.
(…) York est un endroit très plaisant, mais à la tombée de la nuit le vent se met à souffler dans les ruelles autour de la cathédrale, et l’ombre des remparts devient lugubre.
Vers 19 heures, on se met à frissonner et les rues se vident. Marco et moi sommes encore dehors. Nous attendons 20 heures. Rendez-vous est donné devant un pub au bord du fleuve : c’est là que le ‘Ghost Walk’ part. Ce soir, nous allons arpenter la ville endormie à la recherche des ses fantômes.
Le guide arrive, pas très grand mais l’allure imposante. Il porte un long manteau noir et une écharpe blanche. Il va emmener le groupe étape par étape, en racontant de sa voix grave les apparitions qui ont eu lieu les nuits de pleine lune. Dans les caves du château, un soldat enfermé par erreur revient monter la garde et hurler contre l’injustice dont il a été victime. Dans cette rue, un duel a été fatal pour un combattant. Il y revient une fois par an. Groupés autour du guide, nous écoutons attentivement. Marco se met derrière moi pour faire écran au vent et ne laisser personne m’effleurer : cela me ferait bondir.

Marco et moi avons dîné avant, et je digère. Malheureusement, nous avons mangé épicé, et pour soulager ma langue brûlante, j’ai bu beaucoup d’eau... Le guide continue à raconter avec sa voix d’outre-tombe, mais j’ai de plus en plus de mal à me concentrer : l’envie se fait très pressante. J’en fais part pudiquement à Marco, qui devient tout pâle. Marco est quelqu’un de très convenable, et ce n’est pas poli de quitter le groupe en demandant au guide quelle est la prochaine étape pour pouvoir le rejoindre plus tard. Pourtant, il n’y a pas vraiment le choix...
Etape suivante en tête, Marco et moi nous élançons dans une course effrénée à travers les ruelles éteintes du centre ville, à la recherche d’un fast-food charitable. Le seul MacDo que Marco connaît est fermé. Je vois au loin les lumières jaunes et orange du concurrent. Enseigne allumée = restaurant ouvert ? Espérons-le.
Nous courons aussi vite que nous pouvons. La porte est ouverte, mais il n’y a personne dans le fast-food. Les chaises sont sur les tables. Le ménage a été fait. J’entre, un jeune homme sort de la cuisine derrière les caisses. « Nous fermons, mademoiselle. Nous ne pouvons vous servir que du jus d’orange. » Une boisson ? Ah ça non. Entendant Marco rentrer derrière moi, je ne prends même pas le temps de répondre. C’est fou ce qu’une vessie pleine peut rendre mal poli. La détresse doit se lire sur mon visage, car le vendeur me laisse monter à l’étage sans rien dire (règle à connaître: les toilettes sont toujours à l’étage). Marco esquisse un sourire gêné.
Quand je redescends, Marco, debout devant la porte, sirote un jus d’orange. Il n’aime pas le jus d’orange, mais cela ne se fait pas de ne rien commander quand on utilise les toilettes. Il m’en propose. Hors de question : je n’ai pas envie d’un deuxième marathon.
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