vendredi, juillet 07, 2006

Typologie des marques de fringues

Quand j’étais étudiante, une des mes plus grandes fiertés était que je m’habillais en piochant dans les armoires de mes parents, cousins, voire oncles éloignés.
Je me souviens avec tendresse de deux vêtements en particulier. Le premier était un pull en laine bleue lavande que mon père avait jeté car il était plein de trous, et que j’avais récupéré à la poubelle. Les trous étaient tellement énormes que ma mère avait refusé de les repriser, mais moi je trouvais qu’ils me donnaient un style un peu rebelle. Mes camarades de classe me faisaient des réflexions, et j’aimais affirmer ma singularité.
Mon deuxième vêtement fétiche était une sur-chemise marron qui avait appartenu à mon arrière grand-père. Eh oui, non seulement on confectionnait des vêtements de qualité à l’époque, mais en plus les hommes étaient de petite taille. C’est pourquoi cette sur-chemise m’allait comme un gant, avec mes 1 mètre 65. J’ai eu la chance de la trouver chez mes grands-parents pile au moment où c’était la mode, vers les années 1994-95. Sauf que ma sur-chemise à moi était introuvable dans les magasins, et que personne ne pouvait me copier !

Vous l’aurez compris, mon budget shopping dans les années 90 était volontairement très limité. Mais à la toute fin de la décennie, j’ai rencontré un jeune garçon avec qui j’ai viré ma cuti : ce jeune homme dont j’étais amourachée a décrété qu’il était temps que je me mette au goût du jour, et que les vêtements à la Cosette, ça allait bien cinq minutes.
Il n’a fait ni une, ni deux, et m’a emmenée au centre commercial le plus proche, Les Trois Fontaines (nous habitions à l’époque à Cergy-Pontoise). Cela a dû coïncider avec un moment de ma vie où j’avais envie de ranger la rebelle au placard, et qui sait, de devenir une femme… Bref, mon chéri m’a, avec mon plus grand consentement, relookée des pieds à la tête.
C’est là que j’ai commencé à devenir accro aux enseignes de vêtements pour femmes. Aux Trois Fontaines, j’ai appris par cœur les emplacements d’H&M (tout de suite à droite en entrant), de Mango et d’Etam (au rez-de-chaussée, au fond).
J’ai appris à y venir, non pas deux fois l’an quand j’avais besoin d’un vêtement de saison, mais régulièrement, à l’affût des nouveautés hebdomadaires. Et quand j’ai emménagé à Paris, je n’ai pas perdu ces nouvelles habitudes. Le H&M du passage du Havre est devenu mon repère du samedi. Puis, j’ai étendu mes goûts à Gap et Zara, et, quand j’ai eu un peu plus de sous, à Comptoir des Cotonniers et Tara Jarmon pour les plus grandes occasions.

J’ai découvert chaque marque avec délice, comme un enfant tout excité par son nouveau jouet. J’ai adoré l’achat sans mauvaise conscience chez H&M (merci les mini-prix !), l’impression d’être au top de la mode chez Zara, et la qualité signée US des coupes Gap. J’ai frissonné la première fois que je me suis offert un pantalon Comptoir des Cotonniers, et une jupe très habillée Tara Jarmon, achetée pour un mariage.
Peu à peu, je suis rentrée dans une période snobe, où je décrétais que je préférais m’acheter moins de fringues, mais de meilleure qualité. J’ai résisté pendant quelques mois à la tentation d’entrer chez H&M.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Eh bien, après sa période de snobitude, l’enfant excité est devenu perplexe. Quand je m’achetais un pantalon à plus de 70€, je m’offrais bonne conscience en me disant que la coupe et la qualité étaient bien meilleures.
A présent, depuis quelques saisons, je m’abstiens d’entrer dans les petites boutiques au parquet qui claque, parce que les prix ont beaucoup augmenté et la qualité a –semble-t-il- baissé (ou est-ce moi qui trouve une raison de refuser d’acheter plus cher ?).
Quant aux périodes de soldes, comme en ce moment, je ne sors pas de chez moi. Non merci à la cohue boulevard Haussmann le premier jour des soldes : je me suis fait avoir l’année dernière, pour rentrer bredouille, à part un ongle de pied cassé par une chaussure pas très fine au rayon maillots de bain… Non merci également aux 20% de rabais royalement accordés par les marques chères sur la quasi-totalité de la collection.
Alors, fatalement, mon âme de serial shoppeuse souffre : je suis en manque !! Que faire ?

C’est bien simple. Tout d’abord, retourner chez Zara et H&M : après tout, les deux tiers de ma garde-robe actuelle en sortent, et je n’ai pas à m’en plaindre ! Puis, faire un appel aux grands chefs du textile trop cher : s’il-vous-plaît messieurs, veillez un peu plus au porte-monnaie de vos clientes qui n’achèteront pas votre marque uniquement pour son nom mais parce qu’elles y trouvent un réel avantage produit !
Serai-je entendue, ou devrai-je attendre la deuxième démarque pour me ruer dans la boutique chic et acheter le petit pantalon repéré dans la vitrine ? En priant fort pour qu’il reste ma taille…

3 commentaires:

annie a dit…

J'ai pour ma part beaucoup aimé le Comptoir des cotonniers. Vivement une succursale à Montréal :-)

Deborah a dit…

Je me sens concernée par le sujet de ton article ;-)
Et à ce propos, une anecdote désagréable : la dernière fois que je suiss allée à Londres, je tombe sur un Comptoir des Cotonniers ! Je me dis : "Chouette ! Les Anglais ont enfin compris que nos fringues ont quand même plus de classe que celles de leur C&A !"
Mais à la vue de l'étiquette, horreur ! ILS ONT OSE TRANSFORMER LES PRIX EN EUROS EN PRIX EN POUNDS EN GARDANT LE MEME MONTANT !!! Alors qu'1 pound vaut 1,5€ !
Bref, vivement pour mon porte-monnaie que les boutiques H&M traversent la Manche rapidement...

Blanche a dit…

Eh bien justement Deborah, H&M est aussi à Londres, et avec le même taux de change €/£! L'arnaque!
J'espère que tu as négocié ton salaire avec le même taux de change!:)