Chers blogueurs et blogueuses,
Grâce à vous, cette semaine, le site Blanche à Paris a franchi la barre des 15000 visites!
En voilà un joli cadeau pour terminer l'année!
Celui-là, je ne le revendrai pas!:)) (cf post précédent).
dimanche, décembre 30, 2007
dimanche, décembre 23, 2007
Revendez vos cadeaux !
J’étais hier dans le métro, prête à affronter la foule du boulevard Haussmann pour acheter mes derniers cadeaux, entre le Printemps et les Galeries Lafayette.
Habitant en bout de ligne, je me suis assise sur le strapontin, une vue imprenable sur tout le wagon. Une publicité au fond de ce dernier a accroché mon regard : ‘revendez vos cadeaux !’, disait-elle.
Cette pub pour un site internet de vente de divers objets allait faire le tour de la ligne de métro, via les grands magasins. Elle allait être vue par tous les voyageurs, les bras remplis de paquets pour leurs proches. Whatever.
Joyeux Noël quand même !:) (dixit Madame Muscain).
Habitant en bout de ligne, je me suis assise sur le strapontin, une vue imprenable sur tout le wagon. Une publicité au fond de ce dernier a accroché mon regard : ‘revendez vos cadeaux !’, disait-elle.
Cette pub pour un site internet de vente de divers objets allait faire le tour de la ligne de métro, via les grands magasins. Elle allait être vue par tous les voyageurs, les bras remplis de paquets pour leurs proches. Whatever.
Joyeux Noël quand même !:) (dixit Madame Muscain).
jeudi, décembre 13, 2007
Cadeaux de Noël surinvestis
Certaines personnes ont tendance à surinvestir émotionnellement les cadeaux qu’elles reçoivent à Noël et n’ont jamais de mots assez forts pour déplorer un cadeau qui tombe à côté : certes elles voulaient les Concertos Brandebourgeois, mais pas par cette interprète-là, certes elles voulaient une bougie parfumée mais elles détestent l’odeur de la vanille, etc etc…
Ma mère est de ces personnes-là.
Alors, quand une telle mère et sa fille échangent au sujet des cadeaux de Noël, cela donne ceci :
« - Blanche, j’ai acheté le livre qui était sur ta liste, je voudrais t’offrir une petite surprise en plus, mais tu n’aimes jamais ce que je t’offre de moi-même.
- Pareil ici. J’ai pris le DVD que tu voulais et je ne sais que prendre en plus : ça ne te plairait pas.
- Mais si, je t’ai dit que j’aimerais bien une bougie parfumée ! Mais surtout pas à la vanille, hein ?
- Compris. De mon côté, j’ai plein d’idées pour moi : des produits de beauté Kiehl’s, de la pâte à tartiner Maison du Chocolat, etc etc etc… Comme ça, tu as l’embarras du choix !
- Ca c’est sûr, j’ai bien l’embarras ! »
L’année prochaine, c’est décidé, j’achète tous mes cadeaux pour tout le monde chez Oxfam ou à l’Unicef : plus de prise de tête psychanalytique, et un peu plus d’utilité sur terre !
Ma mère est de ces personnes-là.
Alors, quand une telle mère et sa fille échangent au sujet des cadeaux de Noël, cela donne ceci :
« - Blanche, j’ai acheté le livre qui était sur ta liste, je voudrais t’offrir une petite surprise en plus, mais tu n’aimes jamais ce que je t’offre de moi-même.
- Pareil ici. J’ai pris le DVD que tu voulais et je ne sais que prendre en plus : ça ne te plairait pas.
- Mais si, je t’ai dit que j’aimerais bien une bougie parfumée ! Mais surtout pas à la vanille, hein ?
- Compris. De mon côté, j’ai plein d’idées pour moi : des produits de beauté Kiehl’s, de la pâte à tartiner Maison du Chocolat, etc etc etc… Comme ça, tu as l’embarras du choix !
- Ca c’est sûr, j’ai bien l’embarras ! »
L’année prochaine, c’est décidé, j’achète tous mes cadeaux pour tout le monde chez Oxfam ou à l’Unicef : plus de prise de tête psychanalytique, et un peu plus d’utilité sur terre !
lundi, décembre 10, 2007
Comment voyez-vous le temps ?
Quand vous pensez à Noël, ou à vos dernières vacances cet été, où les voyez-vous dans votre tête ? De façon linéaire, ou sur une figure géométrique ?
J’avais l’autre jour cette discussion avec une collègue, qui voit le temps comme un axe des abscisses infini, où les jours de la semaine sont des histogrammes plus ou moins hauts, selon l’intérêt de ces jours : samedi plus haut que vendredi, vendredi plus haut que lundi…
Pour ma part, je vois le temps comme une figure géométrique à quatre côtés, creuse au milieu, et j’avance sur les arêtes : le premier côté va de janvier à Pâques, le second s’étend jusqu’aux vacances d’été, le troisième représente juillet et août, et le dernier va de septembre à la nouvelle année. Cette vision du temps date de mes années d’école, qui étaient ponctuées par les vacances. Elle n’a pas changé, et tous les ans je repars sur le même parallélépipède…
Quand je parle de cela à Clément, il me prend pour une folle : pour lui, le temps avance, linéaire, pas même sur une ligne, comme il vient.
Et vous, comment voyez-vous le temps ?
J’avais l’autre jour cette discussion avec une collègue, qui voit le temps comme un axe des abscisses infini, où les jours de la semaine sont des histogrammes plus ou moins hauts, selon l’intérêt de ces jours : samedi plus haut que vendredi, vendredi plus haut que lundi…
Pour ma part, je vois le temps comme une figure géométrique à quatre côtés, creuse au milieu, et j’avance sur les arêtes : le premier côté va de janvier à Pâques, le second s’étend jusqu’aux vacances d’été, le troisième représente juillet et août, et le dernier va de septembre à la nouvelle année. Cette vision du temps date de mes années d’école, qui étaient ponctuées par les vacances. Elle n’a pas changé, et tous les ans je repars sur le même parallélépipède…
Quand je parle de cela à Clément, il me prend pour une folle : pour lui, le temps avance, linéaire, pas même sur une ligne, comme il vient.
Et vous, comment voyez-vous le temps ?
mercredi, décembre 05, 2007
L'accroche
(première page du roman)
Je m’appelle Lise, j’ai vingt-neuf ans, suis mariée depuis trois ans et n’ai pas d’enfant.
J’ai encore quelques mois pour être dans la moyenne des Françaises qui ont leur premier enfant.
Je suis de cette génération de filles élevées par des ‘superwomen’ des années quatre-vingt, qui devaient à la fois concilier carrière et enfants. Nous, on nous a donné le droit de choisir entre les deux. Au lycée, nos mères nous ont donné les coordonnées de leur gynéco pour qu’il nous prescrive la pilule, et nous ont payé des cours particuliers pour passer le bac. Nous avons eu droit à des études à rallonge, et à un corps bien docile pendant tout ce temps.
Un corps à qui l’on a pu faire mal –vodka-orange et petit joint en soirée, contrôle de son poids frisant l’obsession en journée-, mais qui ne s’est pas vengé. Pour accompagner ce corps, un esprit mûr quand il le veut –on s’endette pour payer ses études, on serre les dents quand on signe sa troisième convention de stage depuis l’obtention de son diplôme-, et immature à la fois : « quand j’aurai décroché mon premier CDI, je prendrai enfin un appartement et je profiterai de la vie ! Alors, faire un enfant, non merci ! Cette servitude-là ne passera pas par moi ! » Peut-être encore plus que l’enfant, l’épisode de la grossesse nous terrifie : ces mystérieux changements à l’intérieur d’un corps si bien dompté ne sont pas sans effrayer…
On pressent que l’on changera d’avis un jour, mais en attendant on aime jouer le pur esprit effarouché.
Et puis, comme depuis toujours, lorsqu’on changera d’avis, le corps suivra, tel un bon petit soldat. On arrêtera la pilule, on attendra un mois –comme conseillé par le médecin-, et on tombera enceinte le deuxième mois.
On aura tout prévu : être employé depuis au moins un an dans la même entreprise afin de ne pas se faire mal voir par la hiérarchie, ne pas être à plus de six mois de grossesse pendant l’été –jambes lourdes à craindre-, finir son congé maternité en septembre –période idéale pour obtenir une place en crèche, etc etc…
Et puis, et puis…
Je m’appelle Lise, j’ai vingt-neuf ans, suis mariée depuis trois ans et n’ai pas d’enfant.
J’ai encore quelques mois pour être dans la moyenne des Françaises qui ont leur premier enfant.
Je suis de cette génération de filles élevées par des ‘superwomen’ des années quatre-vingt, qui devaient à la fois concilier carrière et enfants. Nous, on nous a donné le droit de choisir entre les deux. Au lycée, nos mères nous ont donné les coordonnées de leur gynéco pour qu’il nous prescrive la pilule, et nous ont payé des cours particuliers pour passer le bac. Nous avons eu droit à des études à rallonge, et à un corps bien docile pendant tout ce temps.
Un corps à qui l’on a pu faire mal –vodka-orange et petit joint en soirée, contrôle de son poids frisant l’obsession en journée-, mais qui ne s’est pas vengé. Pour accompagner ce corps, un esprit mûr quand il le veut –on s’endette pour payer ses études, on serre les dents quand on signe sa troisième convention de stage depuis l’obtention de son diplôme-, et immature à la fois : « quand j’aurai décroché mon premier CDI, je prendrai enfin un appartement et je profiterai de la vie ! Alors, faire un enfant, non merci ! Cette servitude-là ne passera pas par moi ! » Peut-être encore plus que l’enfant, l’épisode de la grossesse nous terrifie : ces mystérieux changements à l’intérieur d’un corps si bien dompté ne sont pas sans effrayer…
On pressent que l’on changera d’avis un jour, mais en attendant on aime jouer le pur esprit effarouché.
Et puis, comme depuis toujours, lorsqu’on changera d’avis, le corps suivra, tel un bon petit soldat. On arrêtera la pilule, on attendra un mois –comme conseillé par le médecin-, et on tombera enceinte le deuxième mois.
On aura tout prévu : être employé depuis au moins un an dans la même entreprise afin de ne pas se faire mal voir par la hiérarchie, ne pas être à plus de six mois de grossesse pendant l’été –jambes lourdes à craindre-, finir son congé maternité en septembre –période idéale pour obtenir une place en crèche, etc etc…
Et puis, et puis…
samedi, décembre 01, 2007
Pincement au cœur
Madame,
J’ai bien reçu votre manuscrit, que j’ai lu avec attention et intérêt. Vous y décrivez avec sensibilité l’obsession d’une trentenaire de tomber enceinte, puis l’échec de sa grossesse. Malheureusement, l’écriture du journal intime manque, me semble-t-il, de nervosité et d’humour pour donner au sujet la force qu’il mérite.
Je suis désolée de vous décevoir, mais nous ne pouvons vous accompagner dans ce projet éditorial.
En vous remerciant de votre confiance, je vous prie de croire, Madame, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Je suis touchée par cette lettre qui montre que toute évidence l’éditrice a lu mon manuscrit. C’est déjà cela, n’est-ce pas ?
Mais cela fait mal, quand même… Enfin, il ne faut pas abandonner!
Bob August, tu avais raison !
J’ai bien reçu votre manuscrit, que j’ai lu avec attention et intérêt. Vous y décrivez avec sensibilité l’obsession d’une trentenaire de tomber enceinte, puis l’échec de sa grossesse. Malheureusement, l’écriture du journal intime manque, me semble-t-il, de nervosité et d’humour pour donner au sujet la force qu’il mérite.
Je suis désolée de vous décevoir, mais nous ne pouvons vous accompagner dans ce projet éditorial.
En vous remerciant de votre confiance, je vous prie de croire, Madame, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Je suis touchée par cette lettre qui montre que toute évidence l’éditrice a lu mon manuscrit. C’est déjà cela, n’est-ce pas ?
Mais cela fait mal, quand même… Enfin, il ne faut pas abandonner!
Bob August, tu avais raison !
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